Grand Rêve Des Pyrénées 2016

Les deux semaines qui suivent le 80km du Mont-Blanc sont plutôt tranquilles.... Mais, les mois de Juillet et Août sont les plus grosses semaines d’entraînements que j'ai jamais encaissé. Ce 160km du Grand Raid des Pyrénées me tient énormément à cœur, c'est chez moi, je connais tous les chemins par cœur, je veux mettre toutes les chances de mon coté. 

Cela représentera pas loin de 100h d’entraînements, 650km à pied et 735 en vélo pour 35000m+ dont 26000 à pied. Autant vous dire qu'Apache m'a peut être plus vu que ma femme (je blague!) mais elle sait que l'on a rien sans rien et on espère tous les deux que ça va payer!

Je me présente donc au départ de ce GRP sans aucun regret mais un tel parcours fait toujours peur et on espère arriver au bout quoi qu'il arrive.

La stratégie sera simple, n'écouter que moi et mes sensations! Après la première difficulté, col de Portet environ 1h35 de course, on se retrouve rapidement à trois avec Brice Dijoux. Je me sens dans un très bon jour les sensations sont top! Après le col de Bastanet j'attaque la première grosse descente délicate car technique avec beaucoup de cailloux, c'est pas le moment de s'en mettre une! Je ne suis plus qu'avec Brice, on attaque la remontée vers la Mongie (1er ravito). Je continue à garder mon rythme et me retrouve tout seul.

Je retrouve mon équipe de choc, Julia et mes deux potes d'enfance. Ils sont au top Julia sait parfaitement ce qu'il me faut et je n'ai rien à faire sur les ravitos! Dans le montée du Portet j'ai encore cassé un bâton, heureusement on avait prévu une paire de rechange mais il sont un peu plus petit....

Dans la montée vers le col de Sencours la chaleur commence à arriver, je m'hydrate énormément depuis la début je sais que se sera un point déterminant dans la course. Visuellement je creuse l'écart avec le second mais je m'en préoccupe vraiment pas, seul mes sensations comptent. Col de Sencours km38, je retrouve la fine équipe avec mes parents et ma soeur, je me ravitaille rapidement car après être montée au Pic du Midi nous redescendons au même endroit. Je m’arrêterais plus longuement au retour.

Sur le chemin de terre je cours tout le long, je suis facile, il y a un petit air rafraîchissant, cela fait du bien! La dernière partie plus technique et plus raide se fera en marchant. Point culminant de la course Pic du Midi 2876m.

Dans la descente je vois les écarts, je dois avoir une bonne dizaine de minutes sur le deuxième. 

Deuxième passage au Sencours km45 je m’arrête un peu plus longtemps et je repars surtout avec 1.5l d'eau car il n'y a plus de ravito avant Hautacam km65. A partir de là je pourrais courir les yeux fermés tellement je connais ces chemins!

Col de la Bonida, Col d'aoube, Lac bleu, col de bareilles, les difficultés s’enchaînent je prends un plaisir fou et je suis toujours aussi bien.

Hautacam km65 8h30 de course. J'ai des frissons en arrivant sur chaque ravito, tout le monde est derrière moi je veux pas les décevoir! A partir de là je suis juste au dessus de notre maison mais aucune envie de rentrer!!!

Longue descente plutôt roulante pour arriver d'abord à Villelongue puis à Pierrefitte. 1ère base de vie km76 (envrion 9h30 de course) Un monde fou m'attend dont une bonne partie de ma belle famille c'est tellement génial!

Je prend mon temps pour le ravito car le plus gros morceaux de la course m'attend, la montée au Col de Contente soit presque 2000m+. Ca cogne fort car on est redescendu dans la vallée. J'accuse un peu le coup au début, je mets la musique, je pense à Julia, notre bébé, et retrouve rapidement le bon rythme.

La fin de la montée est horrible! Droit dans le pentue (ce n'est pas le chemin que je connais), dans l'herbe il me tarde de basculer... L'oncle de Julia est au col avec sa femme ça fait du bien de se faire encourager là ou l'on s'y attend pas trop!

Je me préserve dans la descente sur Cauterets car je sais qu'il vaut mieux se protéger musculairement. Il m'attendait vers 19h mais j'arrive vers 18h35. Tout le monde à l'air surpris de me voir aussi bien! Je me change entièrement pour la nuit chaussette BV Sport comprise mais j'ai préféré gardé les SpeedGoat car j'y suis toujours aussi bien dedans (j'avais prévu de mettre les mafate speed2).... Et super Mamour à réussi à me trouver une paire de bâtons à ma taille autant vous dire que 5cm ça change beaucoup....

La montée au col de Riou est presque une formalité, tellement je suis à l'aise dans les montées j'ai 50' d'avance à Cauterets, le soleil se cache derrière les montagnes, l'air devient plus respirable!

Petit ravito à Luz Ardiden, où je prend plaisir à manger une crêpe faites par des petites filles :-)

Tout le long de la course je m'alimente principalement avec des barres de céréales Meltonic, du gateau sport framboise Meltonic, des compotes ainsi que des sandwichs préparés par Mamour (avocat tomate-jambon). 

Après une longue descente où les cuissots commencent à piquer un peu, me voila à Luz, deuxième et dernière base de vie km121 - environ 21h30. Les encouragements sont encore plus nombreux, il y a beaucoup de monde dont un autre pote d'enfance et depuis Cauterets Mr Julien Jorro est également de la partie! Avec lui on ne s'ennuie pas!!

Je vous rassure j'ai pas tous mangé, mais rien de tel qu'un peu de pâtes complètes al-dente pour repartir de plus belle! J'attaque la section jusqu'à Tournaboup que j'avais bien repéré à l'entrainement avec Apache...

Je suis toujours vraiment bien, je cours jusqu'à la sortie de Luz et j'attaque le sentier. A l'entrainement j'avais trouvé cette partie un peu longue, mais là ça passe relativement vite. Un peu après Betpouey, je ressens une gène au genou gauche mais rien de trop alarmant pour l'instant...

Dans la petite descente après le Lienz (chez Louisette), cette douleur au genou me gêne beaucoup plus... J'arrive à Tournaboup à 23h30 au km133 toujours très bien mais un peu inquiet pour la dernière descente de l'arrivée....

Jusqu'à la Hourquette Nère il reste 1000m+, c'est la dernière grosse montée. Le terrain est technique, beaucoup de gros cailloux, en pleine nuit il faut faire attention de ne pas fauter. Mais encore une fois la montée se passe très bien. Mon père est monté jusqu’à la cabane d'Aygues cluse, je suis vraiment bien entouré!

Jusqu'au refuge Merlans dernier ravito c'est une succession de petite montée et descente... Le genou me fait beaucoup souffrir en descente j'arrive à courir encore un peu mais c'est de plus en plus compliqué.

L'itinéraire est en plus nouveau je suis un peu désorienté en pleine nuit!! 2 Patous me rappellent à l'ordre, au moins je vais pas m'endormir içi!!

Mes copains sont venus me rejoindre un peu avant le Merlans, ils m'annoncent donc que j'y suis presque. Je profite de ce dernier ravito pour manger une petite soupe mais dans ma tête je pense à ces 1500m- qui m'attendent car je sais qui vont être très difficile. Au col de Portet km151, je retrouve ma femme, mon beau-frère, sa copine et ma belle sœur. Je m'attendais vraiment pas à les voir en pleine nuit à 3h30 du matin.... A ce moment là je me dis que je finirais même en rampant!! 

Le calvaire que je craignais se confirme... Je ne fais que marcher impossible de courir ça va être long très long.... A Esbiaube Julia me dit que j'ai 1h30 d'avance donc même en marchant tout le long ça devrait tenir. Mon genou est extrêmement douloureux je mettrais 2h10 à descendre les 10km et 1500m-.... Je croise les 1400 partants du 85km juste au dessus de Vignec même si je me fais un peu tasser sur le coté ça fait chaud au cœur de se faire encourager à ce point et voir les copains.

Quand j’aperçois le village de Vielle-Aure c'est indescriptible les sentiments qui m’envahissent. J'essaye de recourir mais même sur le plat ça ne veux plus....

Je franchi la ligne en 24h40, les larmes aux yeux, je suis très émus, les images ci dessous parlent d'elles même....

Un grand merci à ma famille, ma belle-famille, mes copains, vous tous toujours plus nombreux à me suivre et m'encourager, à mon entraîneur Christophe et à tous mes sponsors.

Pour finir un gros gros gros merci à ma super femme qui à l'heure où j'écrie m'a offert une super petite fille. Cette victoire elle est pour vous...

Cette année 2016 a été fabuleuse sur tous les points j’espère vivre encore de tels moments l'année prochaine.

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Commentaires: 3
  • #1

    Fred (vendredi, 16 septembre 2016 15:15)

    Toutes mes félicitations pour cette double consécration tu es une machine !! Allez ossun

  • #2

    benoit dunet (vendredi, 16 septembre 2016 17:54)

    A lire ca fait rêver... A vivre ce devait être magique
    Chapeaux bas !

  • #3

    Xavier G (samedi, 17 septembre 2016 10:49)

    Encore bravo Guillaume. J'ai des frissons en lisant ton récit, comme j'ai suivi ton live et vu cette dernière descente qui n'en finissait pas. Biz à tous les 3. A + j'espère.